18 septembre 2006 - Pierre Villemur, répond à Claude Chiasson
 Monsieur Chiasson,

Je lis régulièrement vos articles et commentaires dans le journal Le Devoir et ils sont très intéressants et je les apprécie beaucoup. Je vous en remercie et je vous félicites.

Ce que j’ai moins apprécié, c’est cet article paru dans Le Devoir de mardi le 12 septembre 2006 intitulé « Pas de larmes pour eux ». Eux, ce sont les retraités du public et du parapublic, dont je suis, qui reçoivent une rente de retraite dont celle provenant du RREGOPP. Pour cet article, vous ne méritez pas mes félicitations.

En lisant cet article, ma perception fut de constater que le ton employé était carrément défavorable aux retraités du public et du parapublic, et ce à commencer par le titre.

Sachez au préalable que ces retraités ont cotisé toute leur vie de travail à même leur salaire. Ces montants ont été accumulés et sont administrés par la « Commission administrative des régimes de retraites et d’assurance » communément appelée la CARRA.(http://www.carra.gouv.qc.ca) Ce n’est pas le gouvernement qui paie nos rentes de retraite, C’est la CARRA à même les montants accumulés par nos cotisations.

Par votre exemple, vous nous laissez sous l’impression que ces dits retraités reçoivent une généreuse rente de retraite de 30000-40000$ par année. Je vous réfère aux pages 77 à 84 du « Rapport annuel de gestion 2005 » de la CARRA, document officiel transmis au gouvernement au printemps 2006. Vous pouvez consulter ce document officiel facilement par internet.

Aux tableaux des pages 77, 78 et 79, nous y voyons que la rente annuelle moyenne des 127050 retraités bénéficiaires du RREGOP est de 14395$. La rente annuelle moyenne versée aux 9282 conjoints survivants n’est que de 3965$. Vous constaterez, je l’espère, que ce n’est pas le pactole et que nous sommes loin des 30000-40000$. Notons ci que le seuil de faible revenu au Canada dans les grands centres est de l’ordre de 19500$/an.

Ces tableaux nous donnent aussi la moyenne des rentes annuelles versées à d’autres groupes d’employés bénéficiant d’autres régimes de retraite mais administrés par la CARRA. Notons entre autres, le personnel d’encadrement (32000$), les retraités de la SQ(40000$), les juges (89000$) et plusieurs autres. Ajoutés aux retraités bénéficiaires du RREGOP, cela fait 210225 retraités et 23591 conjoints survivants et orphelins. Et la rente moyenne atteinte alors pour les retraités est 20087 $ et celle des conjoints survivants et orphelins 8102$ .Ce n’est toujours pas le pactole.

Vous mentionnez la réversibilité de la dite rente de retraite au conjoint; Ce n’est pas la totalité de la rente du RREGOP qui est réversible mais plutôt 50% et les crédits de rente accordés par la CARRA suite aux rachats de services passés ne sont pas toujours réversibles.

Vous parlez d’une rente « de surcroît indexée » du moins partiellement. Mais c’est ce « partiellement indexée » que les retraités du public et du parapublic contestent car nous croyons que nos rentes de retraite devraient être pleinement indexée pour suivre le coût de la vie qui va sans cesse croissant.

Tout a commencé le 1 juillet 1982 quand le gouvernement de ce temps a décrété que les rentes de retraite gagnées et accumulées durant les années de travail après le 1er juillet 1982 seront indexées au taux d’indexation des rentes du Québec moins 3%.

Le retraité le plus désavantagé est celui qui a débuté son travail le 1 juillet 1982 pour ensuite prendre sa retraite le 1 janvier 2000 après 17.5 années. Je suppose ici qu’il aurait accumulé une rente de retraite de 10000$ durant ces années, rente qui sera payée dans l’an 2000. Combien recevra-t-il en 2006? Pour les années 2001 à 2006, les taux d’indexation ont été de 2.3%, 1.7%, 3.2%, 1.6%, 3% et 2.5%. Si sa rente avait été pleinement indexée, il devrait recevoir 11517$ en 2006. Pourtant à cause de cette désindexation, il ne recevra que 10020$. Il y a donc une baisse de son pouvoir d’achat de (11571-10020) 1497$ et j’affirme que c’est un appauvrissement de près de 1500$. Et si l’indexation et par le fait même le coût de la vie avaient été supérieurs à 3% ça aurait encore pire. En fait ce que nous recherchons, c’est le rétablissement de la pleine indexation de nos rentes de retraite pour maintenir notre pouvoir d’achat initial. Il n’y a pas de quoi nous rendre millionnaire avec nos demandes.

Voilà mon opinion sur votre article du 12 septembre. Je souhaite et j’espère que ce texte que je vous envoie paraîtra dans le journal Le Devoir, ce pour rétablir la vérité et donner un autre son de cloche à tous les lecteurs de ce journal et au public en général.

PIERRE VILLEMUR
Saint-Jean-sur-Richelieu
Le 18 septembre 2006.  
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