AVEC LA CRISE BOURSIÈRE CERTAINS VEULENT-ILS FAIRE PEUR
 AUX RETRAITÉS DE L'ÉTAT
 11 novembre 2008  

Les effets de la crise boursière et les pertes de la Caisse de dépôt et placement du Québec

Rodrigue Dubé, prés. de l'ADR
Rodrigue Dubé, président
Court ou long termes ?

Est-ce qu'il y a lieu d'être inquiet de l'effet de la crise boursière sur les rendements qu'obtiendra la Caisse de dépôt et placement du Québec en 2008 ? La réponse est oui à court terme. Est-ce qu'il y a lieu d'avoir peur sur une plus longue période ? La réponse est non. Les avoirs des retraités sont bien protégés. Sur le long terme, même s'il faut tenir compte des baisses de rendements, la moyenne des rendements ne varie que très peu.

Les expériences passées, garantes de l'avenir

Nous savons lire des rapports annuels officiels. En effet, bon an mal an, au cours des 32 dernières années (1975 à 2006), la CARRA a obtenu un rendement moyen à long terme de 11,37 % malgré des années difficiles. En 2001 et en 2002, aucun retraité n'était heureux des rendements négatifs de 4,7 % et de 8,4 % enregistrés par la Caisse. On sait compter, c'est environ 13 % de perte en deux ans. Cela était important, mais non catastrophique. On le répète : En matière de placements de retraite, c'est le rendement à long terme qu'il faut regarder. Et la moyenne au bâton est bonne : 11,37 %.

Est-ce qu'on essaie de nous faire peur ?

L'année 2008 sera certes difficile, mais il n'a pas lieu de se dire et surtout d'écrire que : «Nous sommes chanceux d'avoir la protection gouvernementale pour nos rentes, du moins pour le moment.»

Il n'y a pas lieu non plus de nous faire peur et de véhiculer que les avoirs des retraités du RREGOP et du RRPE viennent de dégringoler de 11 milliards à cause de cette crise. Ce qui est bien vrai, c'est que l'inflation fait baisser le pouvoir d'achat des retraités tous les jours. Nos rentes ne sont pas ajustées à l'indice du coût de la vie ! Ça ce sont de vraies pertes concrètes !

On pourrait être tenté de penser que certaines déclarations entendues au cours des derniers jours n'ont, pour seuls effets, que d'inquiéter inutilement les retraités et d'affaiblir leurs revendications parce que :
  • Cela accrédite la rumeur que nos rentes sont payées par le gouvernement. C'est mal connaître la valeur des avoirs des cotisants.
  • Ce chiffre de 11 milliards de dollars s'appuie sur des déclarations politiques partisanes et cela ne sert à rien d'alimenter des rumeurs qui n'ont pour fondement que des intérêts politiques. Véhiculer ces rumeurs ne servirait qu'à répandre la thèse qu'il ne resterait rien pour les retraités.
  • Il y aurait des pertes réelles si les titres affectés par la crise étaient vendus maintenant. Ce n'est pas l'option retenue par la Caisse.
  • Historiquement, après chaque crise, il y a une reprise. La reprise permet de récupérer ses pertes théoriques. En effet, si la Caisse avait besoin de liquidité, elle devrait vendre certains titres à perte maintenant. Dans le cas qui nous occupe, la Caisse n'a pas de problème de liquidité et n'a pas l'obligation d'encaisser ces pertes théoriques.
  • Même si les rendements de 2008 étaient négatifs à la hauteur de 15%, cela n'affecterait la moyenne à long terme de la Caisse que de moins 0,5%.
  • À titre d'exemples, rappelons aussi qu'à l'inverse, la Caisse a eu des rendements de 28,3 % en 1982 (année de la désindexation), de 15,7 % en 1999 et de 15 % en 2003 et de 14,6 % en 2006.

Relevons la tête

Il faut mettre de côté «l'à-plat-ventrisme», garder le moral et la tête bien haute. Notre revendication est toujours justifiée.

Notre "chance", si chance il y a, s'épelle PRÉVOYANCE; c'est nous qui nous sommes constitué un vrai filet de sécurité en cotisant à notre régime de retraite et en exigeant du gouvernement qu'il assume sa part dans le fonctionnement de nos régimes de retraite. Devrions nous dire comme Yvon Deschamps : «Nous sommes chanceux d'avoir un bon boss; il nous laisse tondre son gazon» ?

Aujourd'hui, alors qu'il y a tempête, nous souhaitons que tous, retraités comme dirigeants, gardent une tête bien froide, sérieuse et… des «crayons mieux aiguisés». La sollicitude et la confiance ont bien meilleur goût.

Rédaction Rodrigue Dubé

Collaboration: Ronald Carré, Rémi Beaulieu, Rosaire Quévillon, Michel Gareau, Gaétan Morneau, Gilles Pressault, Régis Échelard, Louise Racine, Huguette Portugais et Aline Couillard.


Le texte du communiqué de l'ADR en format PDF

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