21 février 2006 - RÉACTION du président de l'ADR aux propos d'André Dubuc
Bonjour monsieur Dubuc,

Je ne sais pas où vous avez pris ces informations. Malheureusement, elles relèvent plus de la croyance populaire que des faits.

Les faits :
  • Les retraités de l’État québécois ont tous cotisé à leur fonds de retraite, par des déductions sur leur paye, tout au cours de leur carrière.
  • • Pour tous les employés de l’État engagés après 1973 leurs fonds ainsi prélevés ont été versés, entre autre au RREGOP1, à la CARRA2. La CARRA a placé ces fonds à chaque année. Depuis 35 ans, la CARRA a obtenu un taux moyen de rendement de 9,66%. En 2004, ces fonds valaient plus de 40 milliards de dollars.
    • Durant cette période, les employés de l’État ont accepté un salaire moindre pour tenir compte du fait que le Gouvernement avait créé une caisse virtuelle d’un montant égal aux avoirs des employés de l’État. En d’autres mots, le Gouvernement a choisi d’écrire sa participation sous la forme d’un prêt payable mensuellement à la retraite de chaque fonctionnaire.

  • Pour les autres fonctionnaires, engagés avant 1973, qui sont demeurés dans leur régime particulier, RRE1, RRF2, etc., ceux-ci ont payé par des déductions à la source sur chacun de leur chèque de paye un taux de cotisation fixé par le Gouvernement. Depuis 1973, ces employés de l’État ont payé un taux égal ou supérieur à ceux du RREGOP.

    • Pour ces employés de l’État, le Gouvernement a versé ces fonds dans le fonds consolidé de la province et ils les a utilisés pour payer des écoles, des routes ou tout autre développement.
    • Quant à la part du Gouvernement, pour ces employés, elle n’est pas comptabilisée à chaque année mais elle fait toujours partie de la rémunération globale. À chaque négociation collective, le Gouvernement disait : Je ne peux vous donner des augmentations salariales autres parce que je tiens compte des sommes que j’aurai à verser quand vous serez à la retraite.

Voyons votre exemple et vos millionnaires : « Prenons un professionnel, entré dans la fonction publique à 25 ans, qui gagne 70 000 $ l'année de sa retraite à 60 ans. La rente que lui versera le Régime de retraite des employés du gouvernement et des organismes publics (RREGOP) équivaut à 2 % de son salaire de ses cinq meilleures années, par année de service, soit 49 000 $ (2 % de 70 000 $ X 35 ans). Le RREGOP permet la retraite à 60 ans sans pénalité. »

En théorie, les avoirs du retraité doivent servir à payer la demie de la rente de retraite, l’autre demie devrant être payée à même la réserve que le Gouvernement aurait dû constituer.

Savez-vous, monsieur Dubuc, que ce millionnaire, même s’il vivait jusqu'à 90 ans, n’arrivera pas à retirer les fonds qu’il a lui même versés (prélèvements directs sur son chèque de paye), au cours de sa carrière. La raison en est bien simple. La CARRA a obtenu un rendement moyen de 9,66% par année durant toute la carrière de ce professionnel. Lorsque ce professionnel arrive à la retraite, le 49 000$ que vous invoquez comme rente de retraite est inférieur aux intérêts qu’a obtenus et qu’obtiendra la CARRA à chaque année sur les avoirs de ce retraité. En d’autres mots, le fonds de ce retraité continuera à grossir même après sa retraite.

Savez-vous, monsieur Dubuc, que le Gouvernement n’aura même pas à verser sa quote-part.

L’exemple que je vous donne a été validé pour des dizaines de cas de fonctionnaires à la retraite.

Comment avons- nous fait les calculs ?
  • Pour ces fonctionnaires, nous avons demandé à la CARRA les sommes que ces retraités ont versées à chaque année. Nous y avons appliqué, à chaque année, le taux de rendement que la CARRA obtenait année par année;
  • Nous avons réduit ces sommes des coûts administratifs annuels que nous a fournis la CARRA ;
  • Lorsque le fonctionnaire a pris sa retraite, nous avons réduit, à chaque année, la demie de sa retraite, l’autre partie étant normalement assumée par le Gouvernement.
  • En 2025, il restera à la CARRA une somme supérieure à ce que ce retraité aura touché durant toute sa retraite.

En conséquence, le Gouvernement n’aura probablement pas à verser sa quote-part.

Surprenant, n’est-ce pas ? Publierez-vous cette réalité ou préserverez-vous un mythe ?

La différence entre un millionnaire qui placerait son argent aux taux d’intérêts qu’obtient à chaque année la CARRA, taux moyen de 9,66%, recevrait 96 000$ par année sans toucher à son capital. A son décès, ses héritiers toucheraient le million. Pour un retraité de l’État, sa pension sera d’environ 50% de ce qu’aurait touché ce millionnaire et ses héritiers ne verront jamais les surplus de son régime de retraite.

Au fait, dans la population en général, les millionnaires sont loin d’être la majorité. Il en est ainsi des fonctionnaires ayant une rente de retraite de 49 000$ par année. Selon les données de la CARRA, la rente moyenne annuelle des 117 000 retraités du RREGOP est de 13 711$1 et le seuil de faible revenu, communément appelé seuil de pauvreté, au Canada dans les grands centres, est de 19 500,$2 par année.

Rodrigue Dubé
Président de l'Association démocratique des retraités
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