Le mythe des retraités "gras dur" de l'État.

Réponse de Jean Gay, à l'éditorial de Robert Paradis du journal "Le Canada Français" (27 mars 2007).  
 Jean Gay, sec. ACREQ
Jean Gay,
sec. ACREQ
Ancien enseignant, je suis un retraité de la fonction publique Québécoise depuis 1992. Je suis secrétaire de l'association de cadres retraités de l'éducation du Québec (ACREQ) et à ce titre je suis membre du groupe de travail des associations de personnes retraitées des secteurs public et parapublic qui représente plus de 100 000 retraités.

Depuis 1982, date à laquelle le gouvernement a coupé unilatéralement la pleine indexation au coût de la vie, des retraites des retraités de l'état, pour la remplacer par une indexation au coût de la vie moins 3%, les retraités de l'État du Québec s'appauvrissent d'années en années
et certains, surtout des femmes, tendent inexorablement vers le seuil de la pauvreté. Les employés de l'État payent et ont payé leur retraite par retenue sur leur salaire. C'est et c'était leurs placements financiers pour s'assurer des vieux jours agréables par le maintien de leur pouvoir d'achat. Le contrat qu'ils ont signé avec le gouvernement avant 1982 leur garantissait le maintien de ce pouvoir d'achat. Ce contrat a été rompu en 1982 par un décret gouvernemental pour faire face à une situation temporaire d'inflation galopante qui atteignait 12,3%. La coupure qui ne devait être que temporaire est devenue permanente et les retraités s'appauvrissent continuellement ; ce qui est injuste et inéquitable car leur fonds de retraite se porte bien.

Nous dénonçons cette situation et demandons aux divers partis politiques ce qu'ils vont faire, s'ils forment le prochain gouvernement, pour arrêter l'appauvrissement des retraités de l'État et rétablir, au moins en partie, le pouvoir d'achat qu'un gouvernement leur a injustement enlevé et que les autres n'ont pas rétabli.

Le fonds du RREGOP est le fonds du Régime de retraite des employés du gouvernement et des organismes publics. La gestion de ce fonds est effectuée par la Caisse de dépôt et placement du Québec et supervisée par le Comité de retraite du RREGOP.

Sur la base de la valeur marchande, l’actif du fonds du RREGOP est passé de 38,9 milliards de dollars au 31 décembre 2005 à 44,1 milliards de dollars au 31 décembre 2006.

En 2006, le taux de rendement annuel obtenu sur l’actif du fonds du RREGOP a été de 14,2 %. Ce résultat est attribuable, entre autres, à l’excellent rendement des catégories « Immobilier » (30,5 %) et « Placements privés » (30,4 %), ainsi qu’au très bon rendement de l’ensemble des catégories d’actions canadiennes et internationales (rendement moyen de 21,6 %). Les médias sont généralement peu sensibles à nos revendications. Ils ont plutôt tendance à véhiculer et consolider le mythe des employés et retraités bien payés et "gras dur" de l'État. Tous n'ont pas les salaires et la retraite des quelques 2% du personnel que forment les cadres supérieurs et qui ont aussi payé leur retraite.

D'après le rapport annuel 2005, de la Commission administrative des régimes de retraites et d'assurances du gouvernement du Québec (CARRA), page 77, la rente annuelle moyenne versée aux retraités du RREGOP en 2005, a été établie à 14,395 $. On est loin du Paradis sur Terre.

Jean Gay
Secrétaire,
Association de cadres retraités de l'éducation du Québec. (ACREQ)
 
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