Choqué par l'expression "vol légal"
(9 avril 2007)  
Bonjour monsieur Paradis,

J'ai pris connaissance de quelques extraits de votre éditorial intitulé "Il est minuit moins cinq". J'ai été choqué de lire l'expression "vol légal" que vous avez utilisé.

J'ai aussi pris connaissances des commentaires que vous a adressé monsieur Gaétan Morneau de l'ADR.Il a insisté sur le fait que tous les régimes de retraite sont financés par les contributions des employeurs et des employés dont certains sont aujourd'hui retraités.

Permettez-moi d'y ajouter mes propres commentaires.

Vous êtes probablement trop jeune pour vous souvenir que nombre de serviteurs de l'État québécois l'ont été par choix. Ce choix englobait une sécurité d'emploi qui se détachait de la loyauté à un parti politique. Les artisans de la révolution tranquille ont voulu qu'il en soit ainsi. Au fil des ans, cette sécurité d'emploi s'est jumelée à un régime de retraite dont les grandes lignes étaient connues de tous au moment de l'embauche.

Ce qui est difficilement acceptable de la part du gouvernement, c'est de changer les règles du jeu en mi-carrière soit en 1982 pour les diplômés universitaires qui ont été embauchés pendant les années soixante. La plupart pouvaient difficillement faire le saut dans le secteur privé sans repartir près du bas de l'échelle.Je fais partie de ce groupe.

Ce qui est aussi difficilement acceptable de la part du gouvernement et des représentants des employés en cause, c'est d'avoir manqué de clairvoyance en ne garantissant pas un droit de regard des retraités sur la gestion des avoirs des caisses de retraite. Je fais partie de ceux qui n'ont pas posé de questions à l'époque où les décisions structurantes ont été prises, notamment pour constituer le conseil d'administration et les comités de la CARRA. Je comprends les instances syndicales de s'intéresser plus aux besoins de ceux qui paient encore des cotisations et moins aux besoins des autres.

Je ne suis pas un expert en chiffres et ne me prononce pas sur les demandes d'indexation, de demi-indexation de certains groupes qui représentent les retraités.Je soupçonne toutefois qu'il y a de la marge de manoeuvre quelque part. Ce qui est certain, c'est la baisse de mon pouvoir d'achat.

Par ailleurs, je suis capable de me baser sur les principes qui soutiennent la légitimité d'un état démocratique et de réclamer un TRAITEMENT ÉQUITABLE, surtout à partir du moment ou l'état a encore changé les règles du jeu en janvier 2000 pour seulement UNE PARTIE de ses employés ou ex-employés.

La prochaine fois que vous ferez un écrit sur ce sujet, j'apprécierais que vous teniez compte de ce qui précède.

Yves Gariépy B.Sc.(Pharm.) Retraité SPGQ

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