LES RETRAITÉS DE L'ÉTAT
EN DÉFICIT DE CONFIANCE et EN SURPLUS DE DÉCEPTION
  19 janvier 2015
Aline Couillard
Aline Couillard

La CDPQ déraille-t-elle? se demandent-ils.

La Caisse de dépôt et placement du Québec et le gouvernement ont conclu une entente. Le discours des représentants de ces deux institutions se fait rassurant. Toutefois, les retraités sont sceptiques quant à la rentabilité de l’investissement consenti et quant au fondement même de cette alliance. Le mandat de la Caisse ne change pas, il évolue nous dit-on. Son mandat actuel est de faire fructifier l’argent de ses clients, les déposants, tout en contribuant au développement économique du Québec. De par cette entente avec le gouvernement, ce mandat s’étendra à bailleur de fonds et gestionnaire de projets d’infrastructures.

Puisque la réalisation de cette entente nécessite des modifications législatives, peut-on parler d’une simple évolution du mandat? En acceptant de fournir des milliards en remplacement du gouvernement pour construire et gérer des services publics, la Caisse nous permet-elle de continuer à croire à son indépendance du domaine politique?

La CDPQ Infra, une nouvelle filiale de la Caisse, a été créée. Pourquoi? Peut-elle devenir propriétaire de biens matériels? Peut-elle les vendre? À qui? N’y a-t-il pas lieu de constater que la privatisation des infrastructures publiques québécoises y est grandement facilitée?

Historiquement, aucun projet de transport public n’a été rentable au Québec. Il y a fort à parier que les rendements de l’investissement dans les deux projets d’infrastructures ne seront pas à la hauteur des attentes des déposants.

Après la « tempête parfaite » de Monsieur Rousseau en 2008, nous prépare -t-on un « déraillement imprévu? »

La « souffleuse » a été passée sur cette tempête de 2008, sans aucune enquête, mais le beau temps n’en a pas effacé les traces pour les retraités qui s’ appauvrissent année après année. Leur confiance est grandement en déficit et leur déception en croissance accrue.

Le gouvernement n’a pas le droit d’obliger les dirigeants de la Caisse de jouer à la roulette russe avec les fonds des retraités et des futurs retraités.

Aline Couillard
Présidente de l'ADR