Monsieur Coiteux,

Nous voulons, avec vous, trouver des solutions pour le mieux-être des citoyens du Québec et, par ricochet, le Québec dans son ensemble. Je sais que c'est un très vaste chantier. Dans le contexte de la rencontre d’aujourd'hui, je me limiterai aux problématiques suivantes.

D'entrée de jeu, permettez-moi de vous rappeler que la Société Russell répartit les revenus liés aux fonds de retraite comme suit :

  • 10 % proviennent des cotisations versées au fonds de retraite


  • 30 % proviennent des rendements et de la plus value du fonds avant la retraite


  • 60 % proviennent des rendements et de la plus value du fonds durant la retraite.


  • Selon nous, le gouvernement-employeur aurait dû verser sa part, comme il le demande pour les municipalités, au lieu de l'inscrire dans son passif. L'historique nous démontre que cela aurait facilité et même dépassé la pleine capitalisation du fonds. On se demande pourquoi ce qui est bon pour Pitou n’est pas bon pour Minou. Ou, pourquoi appliquer : faites ce que je dis mais pas ce que je fais ?

    Au sujet de la représentativité des retraités de l'État au RREGOP, c'est, à toute fin utile, réservée aux représentants des syndicats et du gouvernement. Par exemple, il y a une représentante dite des retraités issue de l'AREQ-CSQ qui est une filiale de la Centrale des syndicats du Québec. Cherchez l'erreur.

    Nous nous demandons pourquoi les non-syndiqués (retraités et non-actifs, 775 000 sur 1 280 000 cotisants, i.e. 60% du RREGOP en nombre et plus en valeurs investies.) ont si peu accès à la gestion de leur fonds alors que ceux-ci y ont contribué durant plusieurs années. Les travailleurs débutants ou à mi-carrière ont très peu mis dans le fonds et ce sont leurs représentants syndicaux et ceux du gouvernement qui prennent les décisions, trop souvent orientées vers des baisses des cotisations, (congés de cotisations) ce qui fait l'affaire des deux paliers à court terme, mais néfaste à long terme sur la capitalisation du fonds. Nous savons que la fixation des taux de cotisation ne fait pas partie, officiellement, des objets de négociation mais, qu'en est-il officieusement dans la pratique ? Notre fonds est comme un placement en fiducie sans droit de regard. Nos moyens d'intervenir sont quasiment nuls. C'est comme si on appliquait un mandat d'inaptitude à notre égard. Il nous reste les « urnes » et quelques rencontres politiques.
    Merci d'être là.

    Tout n'est pas négatif car le parti libéral, c'est en votre honneur, a permis la mise en place d'un Comité consultatif sur les services aux retraités et les enjeux de l'indexation dont l'objectif était de « trouver un moyen d'atténuer, sinon d'éliminer, la perte de pouvoir d'achat des retraités imputable à la désindexation des rentes pour les années 1982-1999. »

    À cet effet, six associations de retraités se sont régulièrement rencontrées (fait unique au Québec) de septembre 2011 à septembre 2012 pour élaborer neuf (9) pistes de solution. À cause du blocage syndical avec la complicité de l'AREQ-CSQ, aucune recommandation n'a été retenue par le président du Comité, monsieur François Turenne.

    La partie syndicale maintient que l'indexation pourrait avoir lieu que lorsque les surplus actuariels dépasseraient 20% et ce, après avoir attribué des baisses de cotisations. C'est directement laisser pour compte les retraités. Nous croyons qu'un coussin de 10% est suffisant pour ne pas mettre en danger le fonds. De plus, le FARR remplit bien son rôle, si le gouvernement ne sabre pas dedans.

    Dépassé le seuil de 10%, la 2e piste de solution des associations de retraités devrait s'appliquer, à savoir :

      « ... CONSIDÉRANT que la CARRA est le gestionnaire des régimes de retraite et qu'elle est représentée au   comité consultatif afin d'évaluer les scénarios qui seront soumis ;

      IL EST PROPOSÉ que les rentes de retraite soient pleinement réindexées à compter du 1er juillet 1982   par blocs d’années dont la durée sera précisée à partir des coûts de la réindexation calculés et fournis par   la CARRA. »

    Les retraités n'ont pas fraudé et ne demandent que le retour de leur dû, i.e. leur « salaire différé » comme disait madame Jérôme-Forget.

    Propositions supplémentaires

    CDPQ

    Nous proposons que le gouvernement enquête sur les TACHC (Titres adossés à des créances hypothécaires commerciales), aussi appelés les PCAA (Placements commerciaux adossés à des actifs « passifs ») gardés si secrets par la CDPQ ? Au sujet des pertes de 2008, j'ai antérieurement écrit un texte intitulé : Le bateau cale, les rats quittent la cale.

    CARRA

    Nous proposons d'enquêter sur le scandale du système informatique à la CARRA qui, au départ devait couter environ 35 M$ et se solde à plus de 125 M$ plus 36 M$ par année pour l'entretien, avec un système très peu fonctionnel. Selon l'ex-directrice madame Dagenais, nous devions pouvoir accéder à notre dossier en janvier 2011 et ce n'est pas possible 4 ans plus tard. Tout ça au frais de notre fonds. En 2011, madame Monique Jérôme-Forget a proposé d'aller vers les logiciels libres ou acquis ailleurs pour diminuer les couts et augmenter l'efficacité. Monsieur le ministre, comprenez notre frustration.

    Rosaire Quévillon
    Membre du Conseil d'administration élargi de l'ADR

    2015-04-09