2015-06-03

L'Association démocratique des retraités (ADR) dénonce certaines affirmations du Front commun, en date du 25 mai 2015, à propos du Régime de retraite des employés du gouvernement et des organismes publics (RREGOP). Elle interroge également le Front commun sur la place faite aux retraités dans les changements qu'il a proposés dans le passé audit Régime de retraite.

Les représentants du Front commun avancent que : le RREGOP, capitalisé à 98,4 %, est en mesure de répondre à ses engagements présents et futurs.

L'ADR demande : pourquoi ils ne disent pas qu'une personne active dans la fonction publique ou parapublique qui prendra sa retraite en 2017, avec 35 ans de service, recevra une rente dont la moitié ne sera nullement indexée au coût de la vie et l'autre moitié le sera à 50 %. Ce sera donc pour ces travailleurs et ces travailleuses un appauvrissement systématique dès leur première année de retraite et cette perte de leur pouvoir d'achat sera progressive au cours des années suivantes. C'est ce que subissent les retraités actuels depuis plus de 33 ans, sans que les syndicats y portent la moindre attention.

Le Front commun dit : « Certes le taux de cotisation a augmenté en 2014. Mais il est important de savoir que cette augmentation est la conséquence directe de la crise financière de 2008, où la caisse des participants, gérée par la Caisse de dépôt et placement du Québec, avait perdu 25 % de sa valeur. »

L'ADR ajoute une autre conséquence que les syndicats se gardent bien de dire : de 2000 à 2008, des baisses de cotisations ont été troquées pour des prétendues augmentations salaire, privant ainsi le fonds du RREGOP de quelque 2,88 G$. Il est facile de saisir que le fonds n'a retiré aucun rendement ni aucune plus-value de cette somme.

L'ADR demande au Front commun pourquoi il n'a jamais réclamé d'enquête publique sur la perte des quelque 44 G$ de la Caisse de dépôt et placement du Québec dont 12,3 G$ dépassent les pertes des investisseurs comparables. Ces pertes ont pourtant été assumées presque entièrement par les fonds de retraite. Il est temps plus que jamais d'agir.

Le Front commun parle d'une retraite décente : « Les modalités du RREGOP (période de calcul de la rente, pénalité actuarielle, âge de la retraite) sont le résultat d'un choix collectif, afin d'assurer une rente décente aux salariés du secteur public. »

L'ADR argue que: selon l'évaluation actuarielle 2011 du RREGOP, 62 % de tous les retraités de ce régime ont 65 ans et plus et leur rente annuelle moyenne est de 10 781 $. De ce nombre de retraités, 71 % sont des femmes dont la rente annuelle moyenne est de 9 990 $.
Peut-on parler de rente décente ? Les syndicats s'en soucient-ils ?

Le Front commun déplore que : « … dans les comités paritaires auxquels nous siégeons et où, habituellement, gouvernement et syndicats proposent des mesures d'amélioration. Jamais les demandes du Conseil du trésor n'ont été discutées au sein de ces comités. »

L'ADR rétorque que: « c'est voir la paille dans l'oeil du voisin et non la poutre dans le sien.»

En effet, il n'y a eu aucune consultation, aucun accord, aucune présence des retraités en négociation sur les mesures d'amélioration au régime. Ni les syndicats ni le gouvernement n'ont montré d'ouverture à entendre leur voix. Les retraités paient pourtant une large partie de la note. Les syndicats se considèrent les seuls propriétaires des régimes de retraite. Est-ce pour cette raison qu'ils pigent dans le fonds de retraite sans égard aux retraités qu'ils dépouillent à qui mieux mieux ?

Les fonds de retraite sont pourtant constitués des cotisations des participants, de l'investissement des retraités (leur salaire différé), des rendements et de la plus-value de ces sommes accumulées. Les fonds devraient aussi comprendre la participation du gouvernement employeur qui, malheureusement, s'est abstenu de contribuer à la source.

Le Front commun se dit prêt à travailler pour assurer la pérennité du RREGOP.

L'ADR assure que ses membres sont aussi prêts à s'investir dans ce dossier. Il suffit de leur faire la place qui leur revient de plein droit.

Source : ADR

Renseignements : Aline Couillard, présidente de l’ADR