PORTRAIT DES RENTES DE RETRAITE : MALHONNÊTETÉ, INCOMPÉTENCE
 ET OUBLIS MAJEURS ?
 16 novembre 2011

68,7 % des retraités touchent une rente moyenne rente de 17 767 $ par année

Je parle d'oublis majeurs au lieu de dire un manque de courage, soit celui de présenter les vrais chiffres des rentes de retraite des employés de l'État. Le rapport annuel de gestion 2010 de la CARRA (pages 75 et 76, voir tableau ci-dessous) montre très bien la rente moyenne des différents régimes de retraite. Le RREGOP, le plus important des régimes de retraite des secteurs publics, représente 68,7 % des retraités. La rente annuelle moyenne est de 17 767 $.
  • 97,7 % des retraités de l'État touchés par la désindexation, ont une rente annuelle moyenne de 21 790 $,
  • 2,3 % des retraités de l'État, y incluant les juges, touchent une rente annuelle moyenne de 41 970 $,
  • 100 % des retraités de l'état touchent une rente annuelle moyenne de 22,244 $.

Commis de bureau à 60 000 $ annuellement au gouvernement, ça n'existe pas

À la page 2 du Journal de Québec du 14 novembre dernier, on fait état d'un commis de bureau à 60 000 $, cet exemple est d'une malhonnêteté criante, et n'est absolument pas réaliste puisque les échelles de traitement (au maximum de l'échelle salariale) sont inférieures à 40 000 $. Il est spécifié que l'employé a droit à une rente sans réduction, il aurait été plus juste de mentionner qu'à l'âge de 65 ans la rente de la CARRA est diminuée d'un montant égal à celui que la rente de la Régie des Rentes du Québec (RRQ) versera à ce retraité; un oubli majeur ou de l'ignorance?

Cotisation obligatoire dans un régime de retraite vs une cotisation volontaire dans un REER

À la page 6 du Journal de Québec du 15 novembre dernier, on tente de démontrer qu'une employée du secteur privé est perdante sur tous les points, et ce, par rapport à une employée du secteur public. On mentionne que la personne du privé a dû économiser dans un REER , au public les cotisations obligatoires au régime de retraite sont déduites du salaire de l'employé pour ce qui est de sa part il en résulte un traitement différé qui est la rente de retraite. Quant à la part de l'employeur il s'agit d'écriture comptable dans ses états financiers, car n'oublions surtout pas que le gouvernement n'a pas versé sa part dans un fonds distinct à la Caisse de dépôt et placement du Québec en regard du RREGOP.

Oubli de calculer les rendements dans un REER

De plus, on mentionne que les chiffres ont été validés par la RRQ. Une visite sur le site de la RRQ m'a permis de constater que le simulateur de calcul de rente de retraite prévoit un taux de rendement de 5 % pour le REER, dans le Journal de Québec le calcul prévoit 0 % c.-à-d. 150 000 $ divisés par 18 ans (83 - 65) = 8 333,33 $ par année. S'agit-il ici d'oubli, de malhonnêteté intellectuelle ou d'ignorance ?

Le rendement annuel moyen à la CARRA DU RREGOP = 10,22 % par année

En terminant, je veux vous rappeler que le rendement annuel moyen des 35 dernières années du RREGOP a été de 10,22 % incluant la débâcle de 2008 de -25,7 % et le rendement exceptionnel de 1982 de 28,8 %, l'année de l'imposition de la formule de désindexation des régimes de retraite : IPC-3%.

Les rentes de retraite des employés de l'état sont ainsi désindexées depuis 1982. Tous les employés qui ont travaillé et cotisé à leur fonds de retraite, entre le 1er juillet 1982 et le 31 décembre 1999, soit 17,5 ans.

Pourquoi ne pas en parler? Il s'agit pourtant d'un élément majeur dans le calcul des rentes de retraite.

Gaétan Langlois, retraité
Fonction publique du Québec

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